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François Durovray, « Faisons du Grand Âge une idée neuve » (La Tribune)

OPINION. Le vieillissement est à la fois une chance formidable et un défi collectif à relever pour notre société et en particulier pour les acteurs du Grand Âge. Par François Durovray, Délégué régional Ile-de-France de Nous France, Président du conseil départemental de l’Essonne

Publié par La Tribune : https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/ehpad-faisons-du-grand-ge-une-idee-neuve-903809.html

En l’espace d’une génération, la France a traversé une « transition démographique » qui se caractérise par une augmentation de la longévité des Français. Nos concitoyens de plus de 60 ans sont aujourd’hui plus de 15 millions et leur espérance de vie continue d’augmenter.

Le vieillissement est à la fois une chance formidable et un défi collectif à relever pour notre société et en particulier pour les acteurs du Grand Âge. Jacques Chirac l’avait déjà compris, en 1996. Comme lui, je pense que les Aînés sont aujourd’hui une chance pour la société.

Le Grand Âge semble pourtant absent de l’agenda politique. Année après année.

Avec notre modèle social fondé sur la solidarité intergénérationnelle, il devient maintenant urgent de mettre en œuvre une réforme du Grand Âge et de l’Autonomie dans notre pays.

L’exécutif semble indéfiniment ajourner cette réforme alors que la crise de l’Etat-Providence est réelle.

La responsabilité est grande

Il s’agit, ni plus ni moins, de choisir la société que nous voulons construire, une société fondée sur la solidarité envers nos Aînés. Cette responsabilité, nous en avons pris toute la mesure en Essonne et, plus largement, dans chaque collectivité. Car il est grand temps de faire confiance aux territoires, à nos départements afin qu’ils puissent assumer pleinement leur rôle de chef de file dans la politique de la dépendance. Nous devons pouvoir contrôler l’activité de l’ensemble des Établissements ou services sociaux ou médicaux sociaux (ESSMS).

C’est le sens de l’Histoire : la réforme du Grand Âge doit s’accompagner de moyens renforcés pour les départements, pour développer une offre de service et d’hébergement territorialisée de qualité. Il faut également imposer des règles communes de contrôle des secteurs privés et publics. Un système de tarification unique garantirait à la fois l’équilibre de l’offre territoriale et plus de transparence pour les personnes âgées.

J’irai même plus loin…

Le Département doit avoir le choix de l’opérateur d’Ehpad, public ou privé, dans le cadre d’une délégation limitée dans le temps permettant de s’assurer de contrôles et de sanctions. Encore une fois c’est en re-territorialisant la politique du Grand Âge que nous parviendrons à accompagner au mieux nos Aînés et à leur proposer une offre de service et d’hébergement adaptée.

Enfin, au-delà des EHPAD, l’accompagnement des personnes âgées doit s’inscrire dans une approche holistique, en intégrant à la fois les enjeux du maintien à domicile, de la prévention, de l’habitat inclusif, de la domotique adaptée et de la solidarité intergénérationnelle. C’est le grand défi des années à venir.

L’avenir du secteur de l’aide à domicile s’articulera autour de structures ad hoc, pour mieux réguler l’offre territoriale. En Essonne, nous avons déjà renforcé les Services d’Aide et d’Accompagnement à Domicile sur l’ensemble du territoire pour coordonner et soutenir, notamment en milieu rural, le maintien à domicile. C’est à tous ces défis que tente de répondre la politique départementale, en promouvant l’inclusion sociale, les solidarités et la lutte contre l’isolement.

La maturité d’une société se mesure à la manière dont elle traite les plus fragiles : Simone de Beauvoir nous invitait déjà à méditer sur l’accompagnement des personnes âgées, en 1970, assurant qu’« on ne saurait se contenter de réclamer une politique de la vieillesse plus généreuse, un relèvement des pensions, des logements sains, des loisirs organisés. C’est tout un système qui est en jeu et la revendication ne peut être que radicale : changer la vie. »

En Essonne, la politique du Grand Âge se conjugue au présent et au futur, car nous sommes convaincus qu’elle peut justement « changer la vie ».

Faisons confiance aux Départements et donnons-leur les moyens d’accompagner au mieux nos Ainés !

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